Échéances et conformité

La régularisation se calcule sur ce que vous avez encaissé.

Une régularisation de charges est le seul moment de l’année où le locataire vérifie vos comptes. Elle se conteste facilement, et elle se perd sur des détails de forme : un décompte sans nature de dépense, une charge non récupérable glissée dans le total, un délai laissé filer.

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Une charge non récupérable dans le décompte fait tomber tout le décompte.

La liste des charges récupérables est fixée par décret, et elle est limitative. Les gros travaux, les honoraires de syndic pour la gestion de la copropriété, les frais de ravalement, les provisions pour travaux futurs n’en font pas partie — ce sont des dépenses de propriétaire. Un décompte qui les inclut n’expose pas seulement le bailleur à rembourser la ligne fautive : il fragilise l’ensemble, parce qu’il démontre que le calcul n’a pas été fait selon la règle. Et un locataire qui obtient l’annulation d’une régularisation obtient souvent aussi celles des années antérieures encore contestables. Le sujet n’est donc pas la somme, c’est la méthode.

  • Provisions réellement encaissées, pas provisions théoriquement dues
  • Décompte par nature de dépense, comme la loi l’exige
  • Mode de répartition indiqué, pas seulement le résultat
  • Courrier de régularisation pré-rempli avec le détail

Concrètement.

  1. Pilot part des provisions ENCAISSÉES

    Pas de celles qui figuraient au bail. Si un mois n’a pas été payé, sa provision n’a pas été perçue, et la régularisation doit en tenir compte. Régulariser sur du théorique produit un solde qui ne correspond à aucun flux — et c’est indéfendable dès qu’on le regarde de près.

  2. Il rapproche les dépenses réelles de l’exercice

    Les dépenses enregistrées sur la période, classées par nature : eau, chauffage, entretien des parties communes, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, et le reste. La ventilation par nature n’est pas un confort de présentation, c’est une exigence.

  3. Il produit le décompte, avec le mode de répartition

    Quotes-parts, tantièmes, surface, nombre d’occupants selon le cas. Le locataire doit pouvoir refaire le calcul : un décompte qui donne un résultat sans donner la clé de répartition ne permet pas la vérification à laquelle il a droit.

  4. Le solde est présenté dans les deux sens

    Complément dû par le locataire, ou trop-perçu à lui restituer. Le second cas existe, et l’oublier est une manière discrète de conserver ce qui ne vous appartient pas.

  5. Le courrier part avec les pièces justificatives à disposition

    Le décompte est joint, et les justificatifs doivent être tenus à la disposition du locataire. C’est cette mise à disposition, plus que le courrier, qui rend la régularisation opposable.

Ce que ça change

Le calcul suit les flux, pas le contrat

C’est la différence qui compte sur un bail où un mois a manqué, ou sur un locataire entré en cours d’année. Une régularisation faite sur douze provisions théoriques quand dix ont été perçues est fausse dans les deux sens possibles.

La dérive des charges se voit avant la régularisation

Le ratio charges sur loyers encaissés est suivi sur vingt-quatre mois, avec une moyenne glissante. Sans cette série, la taxe foncière d’octobre ressemble chaque année à une dérive, et une vraie dérive passe inaperçue.

Le décompte est déjà au bon format

Par nature de dépense, avec le mode de répartition. C’est le travail de mise en forme qu’on fait mal quand on le fait une fois par an, dans un tableur, en décembre.

Le droit, et les pièges

Les charges récupérables sont limitativement énumérées par décret. Elles donnent lieu à un décompte par nature de charges et à l’indication du mode de répartition entre les locataires.

art. 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ; décret n° 87-713 du 26 août 1987

Limitativement : ce qui n’est pas dans le décret n’est pas récupérable, même si la dépense est réelle et utile. Honoraires de syndic pour la gestion, gros travaux, ravalement, remplacement d’équipements : ce sont des charges de propriétaire. Les inclure fragilise le décompte entier, pas seulement la ligne.

Les pièces justificatives des charges doivent être tenues à la disposition du locataire pendant six mois à compter de l’envoi du décompte.

art. 23 al. 4 de la loi n° 89-462

À disposition, ce qui n’oblige pas à les envoyer — mais un refus de communication, lui, prive la régularisation de son fondement. Le locataire qui ne peut pas vérifier peut légitimement refuser de payer le complément.

L’action en recouvrement d’un rappel de charges, comme celle en restitution d’un trop-perçu, se prescrit par trois ans.

art. 7-1 de la loi n° 89-462

Trois ans, et le délai joue dans les deux sens : un bailleur qui n’a jamais régularisé ne peut pas rattraper cinq ans d’un coup. Le locataire, symétriquement, peut réclamer trois ans de trop-perçus — ce que découvrent les bailleurs qui provisionnaient large « pour être tranquilles ».

Ce que Pilot refuse de faire

  • Pilot ne régularise pas sur des provisions non encaissées

    Le calcul part des flux réellement perçus. Un solde établi sur du théorique ne correspond à aucun mouvement, et se démonte à la première vérification.

  • Pilot ne classe pas une dépense en récupérable à votre place

    La qualification dépend de la nature exacte de la prestation, et la frontière est fine — l’entretien d’un ascenseur ne se traite pas comme son remplacement. Nous fournissons les catégories et le décompte ; l’imputation reste un choix que vous devez pouvoir défendre.

    décret n° 87-713 du 26 août 1987

  • Pilot ne masque pas un trop-perçu

    Le solde est présenté dans les deux sens. Une régularisation qui n’affiche que les compléments dus est un outil qui travaille contre son utilisateur, parce que c’est lui qu’on ira chercher trois ans plus tard.

Disponibilité

Inclus dès le palier Essentiel.

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Questions fréquentes

Sur quelle base la régularisation est-elle calculée ?

Sur les provisions réellement encaissées, confrontées aux dépenses réelles de l’exercice. Pas sur les provisions prévues au bail : si un mois n’a pas été payé, sa provision n’a pas été perçue, et le solde doit en tenir compte.

Quelles charges puis-je récupérer ?

Celles du décret du 26 août 1987, et elles seules — la liste est limitative. Les gros travaux, le ravalement, les honoraires de syndic pour la gestion de la copropriété et le remplacement d’équipements sont des charges de propriétaire.

Dois-je envoyer les justificatifs ?

Vous devez les tenir à disposition du locataire pendant six mois après l’envoi du décompte. Ce n’est pas une obligation d’envoi, mais un refus de communication prive la régularisation de son fondement.

Puis-je rattraper plusieurs années de régularisation oubliées ?

Trois ans au maximum : le rappel de charges se prescrit par trois ans. Et le délai joue dans les deux sens — un locataire peut réclamer trois ans de trop-perçus.

Pilot décide-t-il si une dépense est récupérable ?

Non. La qualification dépend de la nature exacte de la prestation, et la frontière est fine. Nous fournissons les catégories, le décompte par nature et le courrier ; l’imputation reste votre décision, parce que c’est vous qui devrez la défendre.

Juste à côté.

Baux et documents

Neuf lettres, pré-remplies depuis le dossier.

Congés (vente, reprise, motif légitime), mise en demeure, plan d’apurement, régularisation de charges, relance, restitution du dépôt, révision de loyer. Montants reconstruits échéance par échéance.

Contenu revu le 2026-08-06.

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